Fondateur et directeur de l’agence “Les productions du Sud”, Thierno Ibrahima Sané est un entrepreneur social, un cinéaste et un “recherchiste” sénégalais engagé dans la réalisation de films documentaires et de fictions ayant un impact social. Thierno est aussi aluni du programme “Promesse Sénégal” et “Entrepreneurs sans Frontières” de Synapse.

Ce documentaire sur le “Business Talibé” est un plaidoyer pour une prise en charge des enfants “taillés”.

Un “talibé” est au sens étymologique du terme: un disciple ou  un élève apprenant le coran. Mais de nos jours, cette pratique tend à prendre des dimensions, plus axées sur la recherche personnelle de profits pour les marabouts, que l’apprentissage du Coran pour les enfants. En effet, les Talibés sont devenus des boucs émissaires de ces soit disant hommes de Dieu. 

Ce sont des milliers de jeunes enfants âgés d’à peine 3 ou 5 ans envoyés chez des marabouts par leurs parents pour apprendre le coran. Ils vivent dans les daraas, les écoles coraniques, dirigés par des maîtres coraniques appelés aussi marabouts.

Dans un pays où plus de 90% de la population est musulmane, l’instruction coranique est primordiale et ancestrale. 

Depuis une quarantaine d’année, certains marabouts plus escrocs qu’hommes de dieu, profitent de cette coutume pour s’enrichir en exploitant les enfants. Ainsi des milliers de talibés en haillons courent les rues de Dakar et des grandes villes sénégalaises à la recherche des quelques francs qu’ils doivent remettre quotidiennement au marabout qui en échange de leur pseudo instruction au Coran, du couvert et du logis. En plus de trouver la somme demandé par le marabout, les enfants doivent se débrouiller pour se nourrir. Dès lors, sont obligés de faire le tour des maisons mais surtout les gargotes pour récupérer les restes.

La situation des talibés est devenue dramatique et explosive. On les évalue à plus de 150 000 à travers le Sénégal. La plupart d’entre eux sont maltraités, mal soignés et doivent mendier 7 jours sur 7. Pour ceux là, Sans instruction ni repère leur avenir est sombre et compromis.

Ces pauvres enfants fournissent évidemment dès l’adolescence l’essentiel de la criminalité du pays. Comment en serait-il autrement quand arrivés à 15 ans, ils n’ont appris aucun métier, ne savent ni lire ni écrire (pas même l’arabe d’ailleurs…) et ont rompu les liens qui les unissaient à leur famille ?

Les talibés vivent dans des conditions extrêmement précaires. Le manque d’hygiène est une des caractéristiques des daraas qui sont souvent infestés de poux, punaises et cafard. Les conditions de vie, de sommeil, d’hygiène et de nourriture fragilisent les talibés qui sont souvent victimes de la gale, du paludisme, du choléra entre autres maladies. 

A cause de la sexualité précoce et des viols dont ils sont souvent victimes certains d’entre eux sont atteints de maladies sexuellement transmissibles. 

Surveillés par des marabouts réticents, ces enfants ne profitent que très rarement des différentes campagnes de vaccination. Même malades, ils sont contrains d’aller demander de l’aumône au risque de se faire punir sévèrement.

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dalydiallo

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